Si tout se passe comme prévu, dans trois jours à la Maison du Peuple, La Chaux-de-Fonds deviendra une ville ultramecs, avec 5 hommes au Conseil communal, un chancelier et trois hommes présidents du législatif jusqu’en mai 2023. Le plafond de verre s’abaisse, comme la couche de stratus à Neuchâtel, ville qui, elle, compte 54 % de femmes au Conseil général.

Nous l’écrivions le 27 octobre : « Une semaine après, le 16 novembre, aura lieu le premier Conseil général de la nouvelle législature. Lors de cette séance seront désignés les membres du bureau, c’est-à-dire les personnes qui, à tour de rôle, auront la charge de président-e du législatif. Ne serait-il pas opportun que tous les partis se mettent d’accord pour valoriser des femmes à ce poste et ainsi permettre à quatre élues d’occuper la fonction de première citoyenne de la ville ? Ce contrepoids à la puissance masculine de l’exécutif serait bienvenu. »

La présidence revient au POP qui compte trois femmes sur sept au Conseil général. Ce devrait être Karim Boukhris, un élu très expérimenté, qui deviendra président. Mais  tant Françoise Jeandroz que Marina Schneeberger auraient pu assumer cette fonction. Nous en profitons pour rendre hommage à la précédente présidente popiste Maria Belo, première citoyenne d’origine étrangère à accéder à cette fonction. Nous sommes contemporains et nous souvenons avec émotion et fierté de son accession à la présidence. Maria a bien voulu nous dire quelques mots le 20 octobre.

Maria Belo lors de sa dernière séance au Conseil général le 20 octobre 2020 aux Forges

À l’envers de ses convictions qu’il diffuse à travers une initiative sur la parité au Grand Conseil, le PS, comptant quatre femmes sur sept, propose comme vice-président (entrée en fonction en mai 2021) l’ancien chef du service des sports Alexandre Houlmann. Des effluves curieux émanent de ces fleurs élues (dont aussi le PDC Blaise Fivaz, ancien chef de la sécurité), retraités et anciens responsables de services dans l’administration qui ont envie de continuer leur travail au Conseil général. Grand bien leur fasse de se dévouer ainsi pour la communauté. Le danger les guette d’aller faire la police chez leurs anciens collègues, danger qui avait fait sortir de ses gonds Marc Arlettaz, traitant certaines interventions répétées de M. Fivaz de « sabotage« .

Le PLR, qui compte deux femmes compétentes, Sarah Curty et Crystel Graf, proposera un jeune élu expérimenté, ouvert (il vote pour l’initiative sur les multinationales, a voté pour la piétonnisation de la place du Marché), Cédric Haldimann. Mais un homme quand même.

Quand les séances du législatif pourront se tenir à nouveau dans la salle de l’Hôtel de Ville, nous aurons donc devant nous neuf hommes et zéro femmes jusqu’en mai 2021.

Une pareille ville ultramecs n’arrange pas l’image que nous voulons donner à l’extérieur, notamment à notre voisine Neuchâtel, qui compte 54 % de femmes au Conseil général contre 37 % chez nous.

Comme nous l’a écrit hier un cher ami amoureux des abeilles, « l’opacité de ce plafond [de verre] est inversément proportionnelle à celle de la mer de brouillard. Pourtant c’est ici que brille le soleil« .

Heureusement, cet astre brillera de tous ses feux dès mai 2023 avec l’accession à la présidence de la Verte Ilinka Guyot, qui devrait être dès lundi prochain 1ère secrétaire du bureau. Bravo les Verts pour votre succès et vos convictions qui passent, comme dirait Aristote, de la puissance à l’acte !

Et nous serons à la Maison du Peuple lundi prochain 16 novembre pour voir si le Conseil général accepte tacitement ces nominations proposées par les partis !


Commentaires

4 réponses à « Une ville ultramecs »

  1. […] Nos 5M n’ont pas eu le choix d’intégrer une femme comme depuis 1996 ! Par contre ils ont fait d’autres bons choix. Prendre la photo en plein air, un lumineux matin de novembre dans une belle rue piétonne récemment réaménagée : la rue de l’Avenir, qui va de l’École d’art au Pod. Elle abrite depuis deux semaines une sculpture réalisée par Camille Villetard et Matthieu Barbezat. La patte du chef de l’urbanisme Théo Huguenin-Élie est ainsi clairement compréhensible et pleinement justifiée. […]

    J’aime

  2. […] d’abord, mettre en avant le machisme viril et rétrograde du nouvel élu, le plus mec de la ville ultramecs, qui a eu la métaphore leste. Pour être pris en photo dans ArcInfo, il a choisi la tour […]

    J’aime

  3. […] Le 7 février 1971, il y a cinquante ans, le droit de vote et d’éligibilité était accordé aux femmes suisses. Dans notre ville, les femmes furent élues au Conseil général dès 1960. Cet article leur rend hommage, tout en jetant un regard assez désabusé sur leur poids politique actuel dans notre ville ultra-mecs. […]

    J’aime

  4. […] comme responsables de services communaux mis au concours depuis 2018, se retrouver en 2020 avec un Conseil communal flanqué d’un chancelier et d’un communicateur tous masculins, semble incongru, surtout ces toutes dernières années où les questions de genre sont devenues […]

    J’aime

Laisser un commentaire