Le poids des mots

Une nouvelle spécialité à l’emporte-pièce des libéraux-radicaux : la PLingRerie

En ce temps de pandémie, l’accès au Conseil général comme aux restaurants est interdit au public. Mais la vente à l’emporter reste possible comme nous le prouve le PLR dans ses officines culinaires. Sa nouvelle spécialité est la PLingRerie, recette régionale simple à concocter avec quelques notes grasses à l’emporte-pièce. Pas attirant pour faire du miel. ! La preuve encore hier soir avec le refus de la droite dogmatique d’accorder treize jours de congé aux nouveaux pères collaborateurs de la Ville.

C’est le nouveau conseiller général suppléant de la droite libérale-radicale, Mael Iseli, qui a trouvé l’assaisonnement du refus de la majorité PLR : une chaux-de-fonnièrerie. Pour cet élu, novice, informaticien, comptable, économiste d’entreprise et expert diplômé en finances, ce terme dépréciatif rappelle les Genferei, scandales ou affaires troubles qui secouent le canton ou la ville de Genève. «On ne voit pas l’utilité de faire encore une fois une chaux-de-fonnièrerie », a-t-il déclaré. Les abeilles ne peuvent tirer du miel de ces notes aigres.

L’amendement des PLingRes, qui voulaient en rester à dix jours au lieu de treize – pour des clopinettes d’économie – n’a été accepté que par 10 élu-e-s de droite PLR et UDC (3 se sont abstenus, dont le docteur Yves Strub). Les 2 Vert’libéraux ont voté avec la gauche, avec l’intelligence de ne pas goûter à la PLingRerie. Belle défaite pour une droite qui ne compte plus que 14 élu-e-s PLR et UDC contre 17 dans la législature 2016-2020. Les VL indiquent ainsi qu’ils ne seront inféodés ni à la gauche ni à la droite.

Presque toute la droite PLingRe trace donc la ligne qui sera la sienne comme parti de plus en plus minoritaire : l’utilitarisme. Toute dépense est potentiellement superflue quand on peut vivre à moins. Ainsi acheter un beamer professionnel à CHF 30’000 pour équiper la grande salle de la Maison du Peuple (dépense discutée le 22 décembre) ou conserver les trois jours de congé existant pour les futurs pères est du gaspillage.

La votation populaire fédérale du 27 septembre 2020 a introduit un congé de paternité indemnisé. Les pères pourront prendre un congé payé de deux semaines dans les six mois qui suivent la naissance de leur enfant. Ce congé sera financé par le régime des allocations pour perte de gain (APG). Dans notre ville les fonctionnaires ont droit sans perte de gain à un congé de trois jours pour le père. Ce congé sera conservé en sus de l’introduction du congé paternité au sens fédéral. Celui-ci complétera ainsi les 10 jours à prendre durant les 6 mois après la naissance dont disposeront les nouveaux pères. Ces 3 jours seront automatiquement mis à disposition au moment de la naissance de l’enfant. La plupart des PLingRes auraient voulu s’en tenir à dix jours au lieu de treize.

La dépense supplémentaire est minime, quelque 10’000 francs. La majorité des PLingRes n’ont rien à faire des signaux positifs adressés aux collaborateurs touchés depuis 2017 par des économies faites sur leur dos.

Rien à faire d’un symbole sur la voie de l’égalité dans une ville dont ils veulent « réveiller la fierté » et amélorer « l’attractivité résidentelle« . Slogans de campagne creux devant l’aporie de la position dominante au PLR : comment convaincre des futurs collaboateurs de postuler dans une ville manquant de générosité ?

Rien à faire des autres villes suisses comme Genève, Berne, Lucerne, Neuchâtel, Lausanne, Bienne, Bellinzone, qui proposent déjà vingt jours de congé à leurs salariés.

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