Vivre en ville

Les vautours du cimetière

Un jour de cet été des membres bernois et vaudois d’une famille endeuillée se sont fait amender de 40 francs pour n’avoir pas mis leur disque bleu dans la zone blanche devant le crématoire. Sur place, rien n’indique aux personnes de l’extérieur que la liberté de se garer sans disque n’est réservée qu’aux Chaux-de-Fonniers au bénéfice d’un macaron. Cette absence d’humanité des services concernés, indécente indignité, a fait dire à une personne en deuil ce jour-là qu’on se trouvait devant les « vautours de la Charrière ».

Nous avons déjà expliqué au début du printemps que l’accueil des automobilistes non chaux-de-fonniers laissait à désirer.

Les nombreux internautes qui ont réagi sur Facebook au post d’un membre de la famille le soulignent : « Nous étions sur des places blanches, aucune signalétique demandant de mettre le disque mais seulement deux panneaux d’entrée de ville pour expliquer qu’à La Chaux-de-Fonds, en fait blanc c’est bleu, sauf dans les zones bleues ou c’est toujours bleu !!!! »l’accueil des automobilistes non chaux-de-fonniers laissait à désirer.

Un autre internaute explique qu’il n’est pas normal qu’il n’y ait que des panneaux à l’entrée de la ville et dégage un paradoxe. « Ils veulent faire croire que les gens ont le temps de lire le panneau et conduire en même temps. Alors que l’on nous parle de sécurité partout. »

Un autre relève la situation unique et absurde de la ville en Suisse : « Un automobiliste normal (moi y compris), lorsqu’il se rend dans toutes les villes du monde, va parquer sa bagnole et lever sa tête pour voir quelles sont les règles. Ici ce n’est pas le cas… ».

Encore un autre résume le désarroi des automoblistes de l’extérieur : « Honnêtement la dernière fois qu’on est venu à la Tchaux il y a peu, on n’a strictement rien capté à ces zones. Et le panneau à l’entrée de la ville je l’ai absolument pas vu alors qu’on vient de la région et qu’on avait entendu parler de cette histoire de macaron. Alors pour des gens qui viennent pas du tout du coin, je ne vois pas comment ils peuvent deviner. » 

Une personne se qualifiant d’autiste écrit ces paroles très émouvantes qui devraient interroger la ville dans son intention d’intégrer toutes les catégories de citoyens : « Ton post m’a fait aller chercher des infos sur internet. Et franchement, rien n’est clair ! Il n’est jamais fait mention de zone bleue, zone blanche. J’en suis ressorti sans rien apprendre de cette politique de stationnement. Je ne doute pas de la volonté tout à fait louable de vouloir favoriser les transports en commun à laquelle j’adhère complétement. Mais la manière ressemble à un rafistolage à bas frais tout à fait flou. Nul n’est censé ignorer la loi. Mais pour autant que celle-ci soit énoncée clairement bien que cela ne soit un pléonasme (…) Il ressort bien du témoignage et des commentaires que beaucoup de gens n’ayant aucun trouble neurologique apparent n’ont pas été en mesure de connaître la bonne marche à suivre dans votre cas. Cela démontre bien qu’il y a un problème récurrent que la ville doit prendre en compte. (…) Je suis une personne autiste. Les stimulis visuels sont pour moi plus présent que pour la plupart des gens d’une population tout venant. Je suis apte à la conduite. Ça fait vingt ans que j’ai mon permis. Je ne vais jamais, à une vitesse correcte, et dans la jungle des panneaux et publicités en tout genre, réussir à me focaliser sur ces rares indications et comprendre la politique spéciale de la ville relative au parcage. Les places étant blanches et bleues, je vais automatiquement me référer à la norme en place en Suisse, et me faire amender. Même en me référant aux indications sur le site de la ville, je ne suis pas capable de définir une règle claire. Et je n’aborde là que la chose sous le prisme de mon handicap. Il y a une multitude d’autres implications. 

Cette affaire est close : les personnes amendées ont payé leurs quarante francs, la famille a été en contact avec les autorités qui ont présenté leurs excuses : l’avenir ne peut pas être pire. Comme nouveau membre de la commission de sécurité, nous reviendrons posément sur l’ensemble de la politique de stationnement en ville pour les personnes de l’extérieur et exprimerons publiquement l’indignation que nous avons éprouvée à la lecture du post Facebook auquel nous nous référons.

Dans son programme de législature 2020-2024, le Conseil communal se fait l’apôtre de la bienveillance des services à l’égard des citoyens. Nous pensons que les automobilistes des autres communes et des autres pays méritent davantage que des panneaux à l’entrée d’une Métropole horlogère qui se veut ouverte au monde.

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1 réponse »

  1. A la bienveillance autoproclamée, mais toujours très incertaine, on pourrait préférer l’efficacité… Ce « concept » est nul, c’est un ratage total, un de plus, et la récurrence de la médiocrité commence assez sérieusement à agacer.

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