Analyses politiques

Réponses aux huit inconnues du 25 octobre

Il y avait 8 inconnues pour les élections communales à La Chaux-de-Fonds du 25 octobre Voici les réponses aux questions qui faisaient planer de l’incertitude.

Cinq hommes au Conseil communal, à peine plus de femmes au Conseil général, quasi pas de jeunes nouvellement élu-e-s, la victoire de la gauche est en trompe-l’oeil, même si elle passe de 23 à 24 sièges au législatif.

1. Un taux de participation identique à 2016 ?

En juin 2016, la participation était de 38 %, élections fédérales à la clé. La crise sanitaire et écologique que vit le monde a mobilisé un nouvel électorat favorable aux Verts. In extremis grâce au référendum qu’elle a lancé et qui a fait voter des personnes traditionnellement fidèles au parti, l’UDC sauve son siège.

2. Un Conseil communal sans femmes ?

Avec le départ de la PLR Sylvia Morel ne restait qu’une élue sortante candidate, la socialiste Katia Babey, active en politique depuis vingt ans. Avec plus de six cents voix de retard sur Théo Huguenn-Élie, elle n’a rien pu faire contre l’acharnement médiatique qui s’est abattu sur elle à la fin de cette campagne. Beaucoup de suffrages sont donnés à son camarade masculin sur des listes sans dénomination. Les favoris, ou les « personnalités dominantes », des hommes, ont été élus en laissant très loin derrière leurs camarades féminines : Théo Huguenin-Élie chez les socialistes, Patrick Herrmann chez les Verts, Jean-Daniel Jeanneret au PLR, Théo Bregnard au POP. L’UDC n’avait qu’un homme à proposer, Thierry Brechbühler. Bref, quelle image donnera la ville sans aucune femme à l’exécutif ?

 » Cinq hommes en 2020? Tu parles d’un retour en arrière… Et qu’on ne vienne plus jamais me dire que La Chaux-de-Fonds est une ville de progrès 😱😱😱. Ce qui m’inquiète, c’est que les femmes en charge des affaires sociales ont été éjectées dans les deux grandes villes… Alors qu’il va s’agir d’un enjeu majeur ces prochains temps et qu’il faudra du courage, du travail et de la ténacité, ce qu’elles avaient toutes les deux…On dirait que la prime va aux dandies un peu dilettantes et c’est pas bon signe. (une internaute sur notre profil Facebook ce soir).

3. La perte du siège UDC gagné en 2004 ?

Dans les grandes années Blocher, l’UDC, nouvelle venue, pesait 20 % des suffrages dans notre ville et avait placé Pierre Hainard puis Jean-Charles Legrix au Conseil communal sans difficulté. La chute constatée aux élections fédérales, le départ de Marc Arlettaz, des listes très faibles avec sept hommes seulement, tout laissait penser que le parti nationaliste pourrait perdre son siège. Grâce à son référendum contre la piétonnisation de la place du Marché, l’UDC garde son sièges avec 11 % qui revient à une personne peu expérimentée dont le travail s’avérera ardu.

4. Toujours un parti majoritaire au Conseil communal ?

Depuis l’instauration du vote démocratique après la Révolution de 1848, le parti radical ou, depuis 1918, le parti socialiste ont toujours eu au moins deux sièges à l’exécutif, sauf entre 2012 et 2016. Le PS n’a pas conservé son siège et a été dépassé en suffages par les Verts. Il n’est plus le premier parti de la ville, mais le troisième ! Un équilibre gauche-droite de 3 à 2 permettra un consensus nécessaire face aux crises qui nous menacent, plus facile avec une UDC aux affaires et affaiblie au Conseil général où elle a perdu deux sièges.

5. Une forte poussée verte et vert’libérale ?

Les vagues vertes, de gauche comme de droite, ont été la caractéristique des élections fédérales de 2019, de toutes les dernières élections cantonales et de nombre d’élections nationales dans des pays voisins. Elles n’ont porté, vers les rives d’une île enchantée, que les Verts qui totalisent pourtant 30 % avec les Vert’libéraux au Conseil général. Les Verts ont gagné leur pari de ne presque pas faire campagne (pas d’affichage sauvage, usage limité des réseaux sociaux, campagne sur le terrain modeste, programme très général) ; les Vert’libéraux à l’inverse, ont butiné partout, au risque de fatiguer les électeurs.

6. Les Montagnes avec deux pop-villes et la fin de la prédominance socialiste au Conseil général ?

Le parti ouvrier populaire a présenté la liste la plus complète et la plus rajeunie de son histoire qui n’a l’a pas boosté. Avec le PS qui perd trois sièges au législatif, ils ne pèsent les deux que quatorze sièges au Conseil général contre les dix des Verts. Le POP ne dépasse même pas le PS en nombre de suffrages et n’est que le quatrième parti de la ville alors qu’il rêvait d’être le premier. Il doit être un peu amer de voir que les gigantesques efforts fournis ont peu pesé face au surfing décontracté, voire dilettante, des Verts. Amertume augmentéepar la perte de quatre sièges au Locle. Les Montagnes ne seront pas popistes cette année.

Graphiqwue 2004-2020

7. Un rajeunissement du Conseil général ?

Les quatre grands partis (PS, POP, Verts et PLR) ont choisi, prétendument pour attirer le plus d’électeurs possibles, de « bourrer » leurs listes avec des personnalités retraitées et très expérimentées. Le risque était qu’elles laissent peu d’espace à l’élection de jeunes femmes et de jeunes hommes, très motivé-e-s dans chaque parti. Par conséquent, il fallait s’attendre le 25 octobre à un choc entre générations,. C’est ce qui s’est passé.

Voici la liste des 41 élu-e-s qui devraient siéger le 16 novembre à l’aula des Forges si tout va bien. Dans chaque parti des sexagénaires ou septuagénaires ont boosté leurs listes et ont relégué trop de nouvelles jeunes pousses dans le milieu du classement. On soulignera néanmoins l’arrivée de Ilinka Guyot, Cyril Babando, Cécile Guinand et Crystel Graf.

Les élu-e s au Conseil général Les Verts (10): Jean-Jacques Tritten, Nathalie Tissot, Aline Jaquet-Tissot, Ilinka Guyot, Laure Todeschini Lalive, Monique Erard, Jean-Emmanuel Lalive, Marc Fatton, François Perret, Laurent Stehlin (5F/5H) PLR: Blaise Courvoisier, Yves Strub (MED), Crystel Graf, Claude-André Moser-Morel Marc Frutschi, Alain Vaucher, Cédric Haldimann, Sarah Curty, Frédéric Vaucher (2F/7H) PS: Giovanni Spoletini, Silvia Locatelli, Katia Babey, Carmen Brossard, Rose Lièvre Assamoi, Pierre-Alain Borel, Alexande Houlmann (si Madame Babey ne siège pas, ce sera Madame Amina Chouiter Djebaili qui a remplacera) (4F/3H) POP: Cyril Babando, Cécile Guinand, Nathan Erard, Karim Boukhris, Julien Gressot, Françoise Jeandroz, Marina Schneeberger (3F/4H)  PVL: Brigitte Leitenberg, Alain Othenin-Girard (1F/1H) UDC: Jean-Pierre Brechbühler, Vincent Pittet, Andy Favre, Jean-Denis Christen, Daniel Nussbaumer (0F/5H) PDC: Blaise Fivaz

8. Une féminisation du Conseil général ?

Dans la précédente législature seules douze femmes (1 Verte, 2 PLR,  5 socialistes et 4 popistes) siègeaient au Conseil général. Nous en sommes à quinze dont trois seulement à droite. Ce n’est pas assez ! Je propose donc que durant ces quatre prochaines années le législatif ne soit présidé que par des femmes. Le PLR (avec Sarah Curty ou Crystel Gra) et les trois partis de gauche ont suffisamment de magnifiques personnalités pour créer un contrepoids indispensable à nos cinq mâles.

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