Analyses politiques

Débat organisé par l’Association pour le droit des femmes avec six candidates et un candidat

Six candidates ont participé samedi 10 octobre 2020 à un débat organisé par l’ADF à la Brasserie de la Fontaine. Le PDF était représenté par un homme (!) et l’UDC était absente.

Cette rencontre-débat a eu le mérite de montrer la différence, si elle existe, entre les femmes et les hommes en politique. Que celles-là soient moins narcissiques, plus à l’écoute des autres et, maintenant, tout autant à même de débattre sur tous les sujets que les hommes, est, nous le concédons, peut-être un cliché construit sur une vision masculine. Cliché pourtant confirmé aujourd’hui par la présence du seul homme dans cette rencontre.

En effet, le candidat Jean-Luc Pieren, du parti fédéraliste européen tombé du ciel dans la politique chaux-de-fonnière, s’était invité là on ne sait pourquoi. Il a fait la démonstration des pires défauts masculins en politique : monopolisation de la parole et grands propos généraux sur les éoliennes (il est contre) et la ville suisse de la culture 2024 (il est pour). Un beau parleur dont le mérite incontestable est qu’il piquera des voix à l’UDC par son art du bagoût ! Et qu’ainsi il contribuera à la chute du parti d’extrême-droite qui, en seize ans, n’a strictement rien apporté de progressiste à notre ville.

Ilinka Guyot, Sarah Diaz, Lara Zender, Manon Freitag, Crystel Graf, J.-L. Pieren et Aliénor Zaffalon

Pour le PDC, Manon Freitag, toute récente avocate de 29 ans, s’est affirmée membre de ce parti pour une concordance d’idées au « centre ». Centriste en effet, penchant souvent à gauche en matière d’écologie, elle a notamment rappelé que son parti avait été le premier à inscrire la préoccupation écologiste dans la constitution suisse. Elle est restée pourtant muette sur la baisse d’impôts demandé par son parti dans sa campagne électorale.

Pour le PLR, Crystel Graf, juriste de 35 ans qui travaille dans un organisme privé chargé de surveiller les investissements de grands groupes internationaux, le débat a révélé une large concordance de vues sur beaucoup de sujets. En cela, elle avait parfaitement raison. Elle s’est en particulier attachée à plaider pour une culture théâtrale plus populaire qui permettrait à des personnes comme elles de retourner au théâtre de la ville, qu’elles ne fréquentent plus. Si elle est au PLR, c’est pour donner une image de rajeunissement. On peut être « une femme de droite« , selon elle. Incontestablement, Madame Graf apportera du neuf au vieux PLR qui, rappelons-le, n’avait élu que des hommes en tête de sa liste lors des dernières élections de juin 2016.

Pour le POP, Lara Zender, étudiante en histoire et littérature française de 20 ans, si elle est au « jeune POP » depuis cinq ans, c’est qu’elle croit à la justice sociale, à l’écologie et à l’égalité. Elle a montré une grande assurance dans ses prises de position, toujours énoncées au nom de son parti et clairement argumentées. Relevons l’idée que les repas servis aux enfants dans le parascolaire devraient être constitués de produits locaux et bio.

Pour le PS, Sarah Diaz, 44 ans, directrice adjointe à l’Ecole obligatoire, n’est candidate que pour le Conseil communal et souhaite valoriser son expérience de management directorial. Sa défense de la ville qui articule en un « cercle vertueux » l’espace urbain et les milieux naturels, était convaincante. Madame Diaz s’est posée, comme les autres candidates, en défenseuse convaincue de la place des femmes dans tous les niveaux de la société.

Pour les Verts, Ilinka Guyot, 35 ans, laborantine médicale et administratrice du bar le Vostok, habite notre « ville-campagne » depuis huit ans. Ses interventions sur l’égalité homme-femme nécessaire dans l’embauche communale, sur la valorisation du travail à temps partiel (pourquoi pas avec un Conseil communal de sept membres) étaient constamment appuyées par des références documentées. Madame Guyot s’est posée en concurrente affirmée de M. Patrick Herrmann et pourrait créer la surprise en brûlant la politesse à son chef de parti, jeune retraité, pour accéder au Conseil communal.

Pour les Vert’s libéraux, Aliénor Zaffalon, architecte de 30 ans qui habite La Chaux-de-Fonds depuis cinq ans, souhaite contribuer au climat avec une vision pragmatique. Elle s’attache à défendre l’idée que la commune doit assouplir son règlement sur la pose de panneaux solaires sur les « toits Unesco ». Son plaidoyer pour une ville qui fait davantage participer les citoyens aux processus décisionnels a été convaincant.

Nous espérons vivement retrouver dès le 16 novembre toutes ces belles personnes siégeant au Conseil général ou pourquoi pas, toutes les surprises sont possibles dans un monde instable comme aujourd’hui, au Conseil communal !

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